dimanche 4 février 2018

Milieu d'hiver, 16 secondème, Imbolc

Le calendrier celtique était conçu avec des dates pivot au milieu des périodes de croissance ou de décroissance de la lune et du soleil. Explications.


Le 16 secondème (4 février en année commune) marque le milieu de l'hiver, comme le met en évidence l'horloge milésienne. L'aiguille des mois est au milieu de l'arc de cercle qui relie le solstice d'hiver à l'équinoxe de printemps. L'aiguille des jours marque le 16, milieu de ce mois de 31 jours.

C'est la période de la fête d'Imbolc, la seconde fête de l'année celtique. Celle-ci commence avec Samain, au milieu d'onzème. Pour certains spécialistes de la civilisation celtique, Samain aurait dérivé en Halloween, et marque l'entrée dans la saison sombre. De même qu'ils ont converti en Noël la fête romain de Sol Invictus, les chrétiens ont placé à ce moment la fête de la Toussaint, célébration des disparus qui montrent le chemin de la vie éternelle. 

Imbolc marque la fin de la période sombre, et se conclut en purifications. Les chrétiens l'ont recyclée en fête de la Chandeleur, ou présentation du Seigneur. Le rite d'allumage de feux purificateurs et de conduite de bétail entre ces feux est repris en allumage de cierges et procession dans l'église.

Observez que la date d'Imbolc est symétrique de Samain par rapport au solstice d'hiver. Et les deux autres fêtes pivot du calendrier celtique ont des propriétés semblables. Beltaine marque l'entrée dans la saison claire. Située vers le 16 quintème, elle est à l'opposé de Samain qui marquait l'entrée dans la saison sombre. Et pour finir Lugnasad, fête de la rencontre de Lug, arrive vers le 16 octème, à l'opposé d'Imboc.

J'ai un peu forcé le trait en indiquant les dates de ces fêtes. Les auteurs les placent volontiers au 1er novembre, 1er février, 1er mai et 1er août. La réalité est que le calendrier celte était luni-solaire, comme tous les calendriers antiques des pays tempérés. Les dates solaires était donc variables. Mais il convient ici de noter que le mois lunaire du calendrier celte était divisé selon les mêmes principes que l'année. Le mois comprenait en effet deux quinzaines. La première commençait avec le premier quartier. La pleine lune en était le centre. Le dernier quartier de lune marquait l'entrée dans la quinzaine sombre, dont la nouvelle lune était le milieu.

Ainsi les cycles du calendrier celtique étaient construits en sorte que le événements astronomiques constituent le milieu des demi-périodes. La pleine lune et la nouvelle lune sont les milieux respectifs de la première et de la deuxième quinzaine du mois lunaire. Le solstice et l'équinoxe sont respectivement le milieu de la première et de la deuxième demi-période de chacune des deux saisons. Notre esprit scientifique tend à faire commencer les périodes à un maximum ou un minimum. Pourtant la construction des druides celtes est remplie de sagesse. L'entrée dans la saison sombre signifie l'arrêt des travaux agraires, le repli dans l'abri protégeant du froid et du manque de lumière. Cette entrée doit être signalée bien avant le jour le plus court!

Notons d'ailleurs que la fête d'Imbolc correspond approximativement au début de l'année luni-solaire chinoise, qui est la seconde nouvelle lune après le solstice d'hiver, bref la nouvelle lune de secondème. Cette période voit apparaître les prémices du renouveau, c'est pourquoi les Chinois font commencer l'année à cette époque. Les Romains d'avant César faisait commencer l'année par le mois de Mars vers la même époque: Mars était le mois où l'on pouvait reprendre la guerre. Le jour avait donc retrouvé une durée suffisante pour permettre une action militaire sur le terrain.

Détail amusant, ces fêtes tombent approximativement au moment du passage du soleil dans l'axe de l'arc de triomphe de l'Etoile (voir Le soleil au triomphe).

Même avec des mois milésiens décalés par rapport à la vision des druides, l'horloge milésienne permet de retrouver facilement les pivots du calendrier celtique, et de planifier les activités humaines en relation avec les saisons. C'est le moins que l'on puisse atteindre d'un véritable calendrier solaire.

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