lundi 15 octobre 2018

Le calendrier grégorien est-il le plus ingénieux ?

Grégoire XIII se fait expliquer la réforme du calendrier

La réforme grégorienne a solidement ancré notre calendrier avec le cycle des saisons, mais sans gommer les irrégularités des mois. Comment atteindre un nouveau progrès ?


C'est aujourd'hui 15 octobre (25 décème) 2018 que notre calendrier grégorien fête son 436e automne. La première date du calendrier grégorien est en effet le 15 octobre 1582, un vendredi, qui suit le jeudi 4 octobre 1582 du calendrier julien. Le saint du jour est sainte Thérèse d'Avila, qui a rendu l'âme la nuit du 4 au 15 octobre. Quelle longue agonie !

L'effacement de dix jours est le volet spectaculaire de cette réforme. C'est aussi la cause de la confusion qui s'ensuivit. Les villes et les royaumes ne passèrent pas tous au "calendrier nouveau style" le même jour. En France, ce fut le 20 décembre 1582 qui fit suite au 9 décembre. Les pays catholiques basculèrent à une trentaine de dates différentes, presque tous entre 1582 et 1585. Les états protestants finirent par reconnaître l'intérêt de la réforme, bien qu'elle vînt d'un pape, à partir de 1700. Le Royaume-Uni et ses dépendances du Nouveau-Monde ne l'adoptèrent qu'en 1752.

Le progrès utile de la réforme grégorienne est l'évolution de la règle d'intercalation, qui définit les années bissextiles. Avec la règle initiale très simple qu'avait promulguée Jules César, une année bissextile tous les quatre ans, le calendrier dérivait d'environ trois jours en quatre cents ans. Les astronomes du Vatican choisirent de définir des exceptions régulières à cette règle: les années multiples de cent qui ne sont pas elles-mêmes multiples de quatre cents ne sont pas bissextiles. Ainsi, 1700, 1800 et 1900 ne sont pas bissextiles alors que 1600 et 2000 le sont. L'intérêt premier de cette règle est sa simplicité. Du point de vue de l'Eglise, elle facilite le nouveau mode de calcul de la date de Pâques, troisième volet de la réforme grégorienne. Il y a de petits inconvénients à cette règle. D'abord l'omission d'une année bissextile lors d'une année de siècle provoque un décalage d'un jour trois quart par rapport au cycle des saisons, entre la dernière année bissextile avant cette omission, et trois ans après. Cet inconvénient n'est toutefois perceptible que par les astronomes, qui mesurent l'instant exact des solstices et équinoxes. Le deuxième inconvénient est la dérive résiduelle du cycle grégorien: trois jours en dix mille ans. Une solution possible serait d'omettre une année bissextile multiple de 400 tous les 3200 ans.

Seul le calendrier persan, fondé sur l'observation de l'équinoxe de printemps, est aujourd'hui plus proche du cycle des saisons. Tous les 33 ans, deux années de 366 jours sont séparées de cinq ans au lieu de quatre. Encore cycle de 33 ans est-il parfois réduit à 29. En pratique, le calcul du nombre de jours entre deux dates éloignées est très complexe. L'Inde, qui a réformé son calendrier en 1957, a préféré adopter l'intercalation grégorienne tout en reprenant les mois de sa propre tradition.

La réforme grégorienne a omis une mutation utile. Les mois de Jules César ne sont pas en phase avec les saisons. Chacun sait que l'hiver commence le 21 décembre environ, l'été le 21 juin, et ainsi de suite. Ce décalage est dû au démarrage du calendrier julien. César n'a pas osé faire commencer janvier au solstice d'hiver, mais a laissé le dernier mois lunaire de l'ancien calendrier se finir à la nouvelle lune. Le 1er janvier 45 av. J.-C. est tombé à la nouvelle lune, sept jours après le solstice, réputé tomber le 25 décembre à l'époque. De plus, César a fait commencer l'année en janvier alors qu'elle commençait traditionnellement en mars. Février, dernier mois de l'année, permettait de solder les comptes, et d'intercaler si nécessaire un treizième mois lunaire. César a remplacé l'intercalation d'un mois par celle d'un jour, redoublant le sixième jour avant les calendes de mars, ce qui est devenu notre jour bissextile. Mais en faisant commencer l'année en janvier tout en maintenant l'intercalation en février, en gardant à février ses 28 jours, César rendait très complexes les calculs de lune et, plus tard, de jour de semaine.

C'est la réduction de ces derniers inconvénients que propose le calendrier milésien. Plutôt que de réformer a priori, il propose un système de conversion fixe avec le calendrier grégorien, désormais référence internationale. Il ne propose aucun changement du cycle des semaines, contrairement à des initiatives malheureuses comme le calendrier révolutionnaire français. A l'instar du calendrier en semaines, il peut être utilisé immédiatement sans déranger le calendrier civil. Il peut immédiatement nous aider à suivre les saisons, la lune et les semaines, et notamment à analyser plus finement les phénomènes climatiques dont nous nous inquiétons à juste titre. La simplicité de ses algorithmes, disponibles sur le modèle du logiciel libre, eût certainement évité à Microsoft les erreurs de dates sur l'année 1900 dans le logiciel Excel.

En ce 25 décème, alors qu'en Europe on attend depuis vingt-cinq jours que le climat se rende conforme à la saison, intéressez-vous au calendrier milésien. Si vous approfondissez, vous gagnerez en maîtrise du temps.




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